Rêveries méditerranéennes – Le jardin de la Kolymbethra à Agrigente


ESCAPADES, RÊVERIES MÉDITERRANÉENNES / dimanche, mars 24th, 2024

L’hiver est fini. Les prémices du printemps éclosent & se manifestent. Mes envies méditerranéennes se réveillent & cherchent à s’épanouir au creux de délectables parenthèses. Cette douce attraction exalte mon envie de reprendre le fil d’une série d’articles intitulée « Rêveries méditerranéennes » dans lesquels j’ambitionne de lister & de partager des adresses convoitées au pouvoir évocateur de Méditerranée.

Après avoir entrouvert les portes du Palazzo Daniele à Gagliano del Capo dans les Pouilles, du Boutique Hôtel La Minervetta à Sorrente ou encore de l’Hôtel Il Principe di Salina dans les îles éoliennes, j’aimerais vous emmener au Sud-ouest de la Sicile, à Agrigente, à la découverte d’un site aux allures de paradis terrestre : Le jardin de la Kolymbethra.

Niché au cœur de la Vallée des Temples, plus précisément entre le Temple de Castor & Pollux et le Temple de Vulcain, ce petit bout de terre s’apparente à un lieu de délices où se mêlent nature & histoire, agriculture & archéologie, où verdoient orangers, mandariniers, citronniers, clémentiniers, pamplemoussiers, où prospèrent oliviers, amandiers, figuiers ou encore câpriers, néfliers, palmiers, où s’épanouit l’essence de la Méditerranée.

Un peu d’histoire.

En 582 avant Jésus-Christ, des colons Grecs fondent la citée d’Akragas. Un siècle plus tard, la ville passe aux mains du tyran Terone & c’est à ce moment précis que le jardin de la Kolymbethra puise ses origines. Terone demande à ses architectes de concevoir un système de récupération, de stockage & de distribution de l’eau. Des galeries sont creusées dans la roche calcaire dans le but de drainer l’humidité & de récupérer la moindre goutte d’eau afin qu’elle se déverse dans une immense vasque : la Kolymbethra. Alors peuplé de poissons, de cygnes & d’autres volatiles, le site s’apparente à un merveilleux vivier. Au fil du temps, le bassin est comblé & devient ainsi une oasis au sein de laquelle la terre sicilienne aride se transforme en un éden luxuriant.

Puis, le lieu passe aux mains de l’Église qui introduit la plantation & la culture des agrumes. Le site évolue en verger & acquiert le nom de jardin. Aux XIX & XXème siècles, il est une étape du Grand Tour. Les jeunes aristocrates d’Europe s’y pressent & s’y promènent. Dans les années 80, la Kolymbethra tombe dans l’oubli… Il faudra attendre la fin du XXème siècle & l’implication du FAI (Fonde Ambiente Italiano) pour que le lieu renaisse de ses cendres. À la fin des années 90, la Sicile cède en effet les cinq hectares au FAI pour une période de 25 ans en échange de sa restauration. Le 9 novembre 2001, le jardin de la Kolymbethra rouvre au public.

Un jardin irrigué.

Le nom « Kolymbethra » puise son étymologie dans le champ lexical de l’eau. Du grec ancien Kolimbrô « nager » et aitrha « chaude », la Kolymbethra est par essence un jardin méditerranéen où l’eau occupe une place essentielle, primordiale & ce, bien sûr, encore aujourd’hui. Les canaux en terre cuite, issus de l’ancien système d’irrigation, ont été conservés & une partie du dispositif arrose toujours le jardin.

J’ai une profonde fascination pour le cheminement de l’eau. Lorsque j’étais enfant, je suivais mon grand-père dans son potager. Je pouvais passer des heures à regarder le parcours de l’eau qui évoluait à l’intérieur des rigoles de terre, au gré des mouvements de la bêche… sinuant entre les plants de tomates, de poivrons, de courgettes ou encore de fèves. Je garde un souvenir tellement délicieux de ces moments, celui d’un autre temps… un temps béni dont je suis de plus en plus nostalgique… celui de la simplicité, de la légèreté & sans doute, de l’insouciance.

Un retour aux sources.

Des années que je rêve de visiter le parc archéologique de la Vallée des Temples. Il faut savoir que, avant de m’intéresser à la Renaissance italienne, j’étais totalement passionnée par les cultures grecque & romaine & leurs cortèges de mythes. C’est d’ailleurs mon intérêt pour la mythologie qui m’a conduite vers la période de la Renaissance italienne & I Ragionamenti de Giorgio Vasari. Aussi j’imagine ce voyage sur cette partie de la Sicile comme un retour aux sources, celles de mes premiers amours.

Flâner au cœur de l’histoire. Avancer lentement, sans direction & intention précises si ce n’est celle de profiter de l’instant présent dans ce jardin où le temps semble ne pas avoir de prises & dans lequel l’essence de la Méditerranée se niche, s’exprime, se diffuse & se révèle aux plus curieux qui auront su faire ce pas de côté.

Si j’apprécie les jardins à l’italienne, élégants & structurés, j’aime davantage ces jardins méditerranéens dont l’authenticité me touche & m’émeut. Déambuler au sein d’une nature opulente, abondante, qui nourrit le corps comme l’esprit, fouler les chemins de terre ; là où chaque odeur est une souvenance, là où chaque couleur est une remembrance : le bleu du ciel, l’ocre de la terre & le vert de la nature. Je me représente la Kolymbethra tel est un « condensé » de Méditerranée, telle une brèche ouverte sur une autre temporalité… celle de la rêverie ?

Rêveries mythologiques.

Et puisqu’il s’agit de rêveries, laissez-moi imaginer que cet éden est une représentation de ce jardin qui me fascine tant, le Jardin des Hespérides. Verger merveilleux réservé aux Dieux qui abritait l’arbre des fruits d’Or, symbole de connaissance & d’immortalité. Comme tous les mythes, cet épisode revêt différentes variantes que ce soit vis-à-vis des Hespérides mais également par rapport à ces fruits d’or qui selon les interprétations, seraient peut-être… des citrons ou des oranges.

Une image des origines qui me transporte dans un autre temps, qui me suggère un autre rythme, qui me fredonne une autre musicalité, celle de l’eau qui coule, qui s’écoule & continue, indéfectiblement son cheminement siècle après siècle.

Éterniser la parenthèse.

Les Parenthèses de Carole se veulent être une expérience, de celle qui embrasse & diffuse toute l’ambivalence de l’instant présent, à la fois éphémère & éternel, alors permettez-moi de prolonger la parenthèse en réservant une table au restaurant La Terrazza degli Dei de l’Hôtel Villa Athena Resort immergé au cœur de la Vallée des Temples, offrant une vue époustouflante sur le Temple de la Concorde & de Junon. La Terrazza degli Dei, La Terrasse des Dieux, rien que le nom est pour moi la promesse d’un intervalle, d’un instant suspendu ! Une adresse où les saveurs de la Sicile sont déclinées dans des menus aux noms des dieux de l’Olympe : « Poseidone », « Gea »… Savourer, déguster, succomber à une soirée magnifiée d’une aura divine ; s’enivrer d’ambroisie & faire de ce moment une parenthèse où le temps s’arrête, où le présent à tout à coup un goût d’éternité !

Et puis, si le budget le permet, réserver une chambre & se réveiller ici…

Belle rêverie !

Carole

Informations.

Le jardin est ouvert :
En Janvier & Février de 10h à 16h.
De Mars à Juin de 10h à 18h.
De Juillet à Septembre de 10h à 20h.
En Octobre de 10h à 18h.
En Novembre & Décembre de 10h à 16h.

Le billet donne accès au Parc de la Vallée des Temples, au Jardin de la Kolymbethra & au Temple de Vulcain.

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2 réponses à « Rêveries méditerranéennes – Le jardin de la Kolymbethra à Agrigente »

  1. Une si belle découverte poétique vibrante et solaire qui me parle de cette simplicité de la terre que je chéris aussi. Merci pour cet article 🙂

    1. Bonjour Sarah, merci à vous de m’avoir lu & écrit ! Je suis ravie que cette petite parenthèse vous ait plu 🙂

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