11 mois pour une parenthèse : Être


11 MOIS POUR UNE PARENTHESE / dimanche, avril 18th, 2021

Si je devais faire un bilan de ce premier trimestre, je dirais que les trois premiers mois de ce congé sabbatique n’ont été ni fluides, ni faciles. Bien sûr, il y a eu le soulagement évident de ne plus me rendre au travail ; toutefois, je n’ai pas su éviter l’écueil que j’avais identifié dans l’article dédié à ce congé. J’ai laissé l’angoisse de l’échéance me gagner, j’ai laissé la frustration de ne pas trouver ma voie m’envahir. Je savais que mon challenge allait précisément résider dans le fait de ne pas cristalliser cette parenthèse autour de ces questions lancinantes : « Quelle est ma place, quelle est ma voie, pour quoi suis-je faite ? ».

Au lieu d’accueillir ces craintes avec douceur, de les regarder avec bienveillance & de finalement succomber au si désiré lâcher-prise, mon obstination farouche à chercher des réponses n’a fait qu’alimenter ma peur de ne pas trouver de solution, n’a fait que renforcer le sentiment désagréable d’être comme « prise au piège » me rendant ainsi incapable d’entreprendre quoique ce soit en dehors des si coutumières tâches ménagères & me laissant la désagréable sensation que rien n’avait changé !

Certes, je ne me rendais plus au travail & ça c’était déjà énorme mais mes ressentis restaient les mêmes. Je ne trouvais toujours pas le temps de faire des choses « importantes » pour moi… toutes ces choses dont j’avais dressé la liste en vue de cette pause.

Je trouvais ça dingue ! Je ne travaillais plus & je continuais à avoir cette déplaisante impression de manquer de temps ! Mais alors, où passait tout ce temps ? Lors d’une discussion sur laquelle je reviendrai par la suite, j’ai compris que – sans même m’en rendre compte – tout ce temps passait en projection, en peur, en doute, en questionnement, en procrastination… J’étais dans l’incapacité totale d’être dans l’instant présent, de « juste » profiter, accepter, accueillir, cueillir… comme si je repoussais sans cesse le fait d’expérimenter d’être tout simplement moi !

En outre, je m’obstinais à chercher comment devaient s’orchestrer, s’organiser précisément les choses. Je devais absolument trouver le travail de mes rêves & ce le plus vite possible ! Pour ce faire, je m’accrochais à des idées plus ou moins (surtout moins) claires de ce que je voulais faire au lieu de laisser la magie de la vie opérer.

Soyons honnêtes avec un état d’esprit pareil autant dire que j’étais en train de passer à côté de mon congé sabbatique !! Bref mi mars, même si sur le papier tout va bien, j’ai l’insupportable sensation de faire du « sur place » !

Et puis le déclic ! Tout a commencé en douceur, au détour d’une question inattendue : « Comment se passe ton « congé » ? » Cette question était posée avec beaucoup de douceur, de bienveillance & l’intérêt que me porta cette personne extérieure à mon entourage m’a tout de suite mise en confiance, a libéré ma parole, a déclenché en moi un « je ne sais quoi »… Cette demande me fit l’effet d’une rupture dans mon ressassement incessant, elle venait frapper à ma porte & paradoxalement m’extirpait de mes questionnements sans fin.

Fin mars, un second échange vint cristalliser le changement. Des propos empreints de bon sens sont venus bouleverser ma façon de penser : « si on n’attend rien, tout est possible » ! « Carole, si tu as attend quelque chose de précis, tu te limites » ! Ces quelques mots ont résonné tellement fort ; comme un réveil ! Moi qui avais toujours pensé qu’il fallait avoir un plan bien défini pour réussir, pour voir mes désirs se réaliser, voilà que non seulement on m’invitait à lâcher prise mais, en outre, on me susurrait à l’oreille, presque comme un secret, que si je n’attendais rien, alors tout devenait possible. Cela me fit l’effet d’un soulagement. Toute cette frustration, cette pression s’évanouissait sous ces mots. Ma vision étriquée s’élargissait tout à coup en une multitudes de perspectives. 

Je passais ainsi de la projection à l’instant présent, de la confusion à la clarté, de la peur à la confiance mais également de la « procrastination » au travail. Lâcher prise, s’abandonner ne signifiait en aucun cas se résigner ; bien au contraire ! Cette prise de conscience me décomplexa & m’incita à faire les choses que j’aimais, celles qui me faisaient vibrer sans plus attendre, sans me demander où cela me mènerait. Mieux, cette révélation me permit de me rendre compte qu’une fois toutes ces peurs balayées, au fond, je savais très bien ce que je rêvais de faire, & ce depuis longtemps, ce qui me faisait peur ce n’était pas de ne pas savoir ce que je voulais faire mais de ne pas savoir comment en faire mon métier. Depuis longtemps, je répète que ce qui me plait se situe entre l’écriture & l’Italie, je l’ai expérimenté lors de ma thèse & clairement se fut la période de ma vie où je me suis sentie la plus alignée ! Depuis longtemps, je sais que je m’anime à l’idée de partager mes émotions, de les faire vibrer, résonner avec des mots !

A présent que tout cela est limpide, plus question de reporter au lendemain ce qui est important pour moi. J’ai pris conscience que je pouvais être celle que je voulais tout de suite !

Dans mon article précédent dédié à l’art de vivre comme l’art d’être soi j’aborde l’importance de l’instant présent. J’ai compris lors de cette discussion qu’il était plus que temps de prendre ma place – ici & maintenant – sans chercher à être ailleurs. Bien sur tout cela je le savais déjà mais avez-vous remarqué comme il y a une grande différence entre savoir les choses & les ressentir, les intégrer, les incarner !

Juste accepter d’être soi, d’écrire des textes qui ne seront peut-être pas lus, qui ne susciteront peut-être aucunes réactions, qui ne me mèneront peut-être nulle part… juste suivre un appel, un élan, un besoin. Et puis, arrêter de chercher des réponses, de douter, de me dire que j’ai passé l’âge, que ce que je raconte n’intéresse personne, faire taire tout ce brouhaha & laisser s’exprimer cette petite voix, la seule, la mienne ! Et puis surtout, ÊTRE !

A très vite,

Carole

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4 réponses à « 11 mois pour une parenthèse : Être »

  1. Cet article donne envie de connaître la suite 🙂 et d’apprendre à ouvrir les yeux là tout de suite maintenant sans attendre quelque chose ou quelqu’un

    1. 😉 Je suis ravie que mots t’inspirent à profiter de l’instant présent 💛 Ce matin, j’ai lu une citation que j’ai trouvée très à propos : « On n’a pas besoin de faire. Être, c’est déjà faire. » Je l’expérimente pleinement en ce moment 🙂

    1. Merci Emilie pour ta lecture, ton commentaire & surtout pour cet échange qui a résonné & que j’ai entendu 🙂

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