11 mois pour une parenthèse


11 MOIS POUR UNE PARENTHESE / lundi, janvier 4th, 2021

Il y a 10 ans, j’ai pris un virage à 180 degrés. J’ai tout quitté !  Mon mari, mon appartement, mes amis, mon quotidien bien rangé, ma vie « toute tracée ». Tout n’a pas été facile… mais si c’était à refaire, je recommencerais ; sans hésiter !

Je me confie sur cet épisode de ma vie dans un article publié sur le blog en octobre 2018 dont je vous rapporte ici un passage :

« En 2011, j’ai quitté mon cocon familial dans lequel je ne me reconnaissais plus ; certaines rencontres sont des révélateurs de vous-même, des prises de conscience, des réveils ! Puis : déménagements, divorce, nouvelle histoire, passionnelle, nouvelle vie dans laquelle je suis devenue la compagne d’un homme qui a bouleversé ma vision des choses, auprès duquel je suis devenue la belle maman de deux jeunes filles & l’heureuse maman de deux merveilleuses petites filles ! Un nouveau quotidien durant lequel j’ai continué, terminé, soutenu ma thèse & je suis devenue docteur. Tout cela en sept ans, quelle trentaine ! Bouleversante, inattendue, éprouvante, merveilleuse ! Tout s’est enchaîné tellement fort, tellement vite, que parfois j’ai manqué d’air, que parfois, encore, je manque d’air… »

Les bonheurs ont beau être grands, ils n’en demeurent  pas moins, parfois, éprouvants. Ces dernières années ont été merveilleuses et pourtant… je me suis enfoncée dans une grande fatigue, embourbée dans un profond ennui intellectuel, enlisée dans la frustration de ne pas être alignée, dans la désagréable sensation de marcher à côté de moi. Si cette fatigue est essentiellement la résultante de changements de vie & de longues nuits sans sommeil, cet ennui intellectuel est sans aucun doute lié à la fin de ma thèse. Ces 7 années de travail & de recherches compensaient incontestablement une monotonie professionnelle.

Je ne me suis jamais sentie à ma place dans les différents emplois que j’ai occupés mais ces derniers mois j’ai pris conscience à quel point non seulement mon activité professionnelle ne m’épanouissait pas mais qu’en outre elle me vidait insidieusement de mon énergie me laissant totalement épuisée pour toutes ces choses que j’avais envie de réaliser.

 J’ai bien pensé des dizaines de fois à quitter mon travail, à sauter dans le vide… Tout quitter d’accord mais pour quoi faire ? Soyons honnêtes, je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire…

Ma propre réalisation professionnelle est un sujet sensible & épineux.  J’ai fait mes études par plaisir & j’ai toujours travaillé par nécessité. Au départ, ce n’était pas un problème. Je travaillais pour gagner ma vie, pour être autonome financièrement & c’était très bien. Je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire mais j’avais le temps. J’ai toujours pensé que ma vie professionnelle se ferait en 2 temps : de 20 à 40 ans un travail alimentaire & à partir de 40 ans, un métier passion.

Me voilà à l’aube de mes 43 ans & sur le plan professionnel, rien n’a changé.

Il y a longtemps que l’envie, le besoin de faire une pause s’est fait sentir. J’ai envisagé différentes options bien sûr : la démission, la rupture conventionnelle ; trop radical ! La réduction de mon temps de travail ; pas suffisant !

Et puis un soir de septembre, le déclic ! Après avoir imaginé, désiré ce temps pour moi, après avoir hésité, tergiversé, la solution était là, devant moi : limpide & criante ! Un congé sabbatique !

Pourquoi le congé sabbatique ?

Je n’avais jamais envisagé le congé sabbatique comme une option & voilà que cela devenait une évidence. Je n’avais jamais songé pouvoir m’offrir une telle parenthèse ! Et pourtant… moi qui ai toujours entretenu un rapport « compliqué » avec l’argent, je me surprenais ce mardi soir de septembre à griffonner des calculs sur un bout de papier. La solution était là ! Moi qui pendant des années avais eu du mal à me faire des présents, j’étais prête à me faire un magnifique cadeau ! Bien sûr il allait falloir faire quelques sacrifices, opérer quelques restrictions mais cela n’était rien à côté du soulagement que me procurait le congé sabbatique : liberté & sécurité. De quoi à la fois contenter & rassurer les deux facettes de ma personnalité : réfléchie & rêveuse, raisonnable & passionnée, peureuse & téméraire.

Pourquoi maintenant ?

Parce que parfois les planètes s’alignent, parce que parfois c’est le bon moment, parce qu’il est temps d’avoir un rendez-vous avec moi-même, parce qu’il est temps d’écouter mon corps qui ne cesse de m’envoyer des messages, parce que si je ne le fais pas je le regretterai, parce que l’opportunité s’est présentée & que pour une fois je l’ai saisie à bras le corps, parce que cette évidence que j’attendais depuis tellement longtemps s’est enfin matérialisée.

Quel est son but ?

Lorsque ma hiérarchie m’a demandé ce que je comptais faire durant ce congé sabbatique, j’ai répondu « Rien ». Je n’envisageais pas de reconversion professionnelle, je ne partais pas faire le tour du monde,  je ne prévoyais pas de créer une entreprise. Et pourtant, derrière ce « rien » se profilait un grand & merveilleux « Tout » ! Tout ce qui me plait, tout ce qui me fait du bien, tout ce qui me nourrit.

Ce congé sabbatique s’est également l’occasion de créer de l’espace pour m’adonner à de nouvelles activités, de créer du vide pour laisser l’opportunité à mes envies profondes de remonter, de créer du silence pour laisser ma petite voix s’exprimer. Prendre le temps.

Il est question aussi de me confronter à cette intuition qui m’anime depuis toutes ces années. Si la prise de risque au niveau professionnel est mineure puisque je retrouverai mon emploi à l’issue de ce congé sabbatique, ce dernier est pour moi un saut dans le vide, l’acceptation de ce vide, la confrontation avec une problématique qui a occupée une grande partie de ma vie : quelle est ma place, quelle est ma voie, pour quoi suis-je faite ? Et si durant ces 11 mois  je ne trouvais toujours pas la réponse…

Mais ce qui me fait encore plus peur c’est de ne pas essayer, c’est de poursuivre dans cette direction certes rassurante, raisonnable mais tellement prévisible… avec l’assurance de continuer à m’éteindre encore un peu plus chaque jour.

Ne pas cristalliser cette parenthèse autour de ce seul objectif va être un véritable challenge ! Me mettre dans la confiance, trouver le juste équilibre, la juste tension entre lâcher prise & tenir fermement le fil de mes rêves.

J’ai toujours envisagé que « Les parenthèses de Carole soient, en filigrane, mon « fil d’Ariane »… celui que je déroule & que je longe pour avancer sur mon propre chemin ». Je souhaite que ces 11 mois soient une formidable parenthèse pour tenter de me rapprocher encore un peu plus de celle que je suis & de celle que je veux être.

Je ressens depuis longtemps le besoin de coucher sur le papier mes cheminements, il est temps de répondre à cet élan sans autre ambition que celle d’être alignée. J’ai donc décidé de créer une nouvelle rubrique sur le blog intitulée « 11 mois pour une parenthèse » au cours de laquelle je me lance dans une douce aventure : je pars à ma rencontre !

Carole

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4 réponses à « 11 mois pour une parenthèse »

  1. Bravo Carole ! Quel courage de s’offrir ce cadeau du « rien » (mais qui veut tout dire) et de voir ce qui en sortira. Je te souhaite de magnifiques moments de vide et d’ennui pour fertiliser la suite 😘

    1. Un grand merci Émilie ! De me lire, de me comprendre, de m’encourager ! J’espère en effet que cette parenthèse sera fertile ! 😊
      À bientôt !

  2. Ma Carole, je suis tellement heureuse pour toi ! Tellement heureuse que tu ai su voir que c’est dans ce « Rien » qu’il y a « Tout ». Tout à vivre, tout à contempler, tout à découvrir et créer … et tout à t’offrir à ta guise, à ton rythme. Que cette parenthèse te donne cet air qui t’a si souvent manqué !

    1. Merci infiniment ma Rosy 🙏 Pour tes mots mais également pour ton soutien, ton écoute durant tous ces mois d’hésitation. Je me suis enfin lancée ! J’en suis ravie !
      Merci aussi de me lire & de prendre régulièrement le temps de déposer un commentaire ! Ça me touche tellement !
      Je t’embrasse

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