Écrire pour… un parfum


VERS UN PROJET PROFESSIONNEL / jeudi, octobre 21st, 2021

Il y a quelques jours, j’ai annoncé le lancement d’une série de posts & d’articles intitulés « Écrire pour… » dans le but d’aborder, au gré d’un produit, d’un lieu ou d’une création mais surtout à la faveur de mes aspirations comme de mes intuitions, les secteurs qui m’inspirent & implicitement les personnes avec lesquelles j’aimerais collaborer. Pour ce premier article, j’ai immédiatement eu envie de parler de parfum. Écrire pour un parfum… voilà un produit qui me touche & me fascine en raison de ce qu’il projette, des multiples interprétations qu’il induit, des nombreuses lectures qu’il suppose.

J’aime l’univers & le langage de la parfumerie : fragrance, odeur, effluve, note, composition, palette, senteur ou encore essence… Je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, j’éprouve un intérêt tout particulier pour le mot « essence », pour ses dérivés & ses acceptions, dont l’aura nous relie à quelque chose de profond & de subtil. Atteindre la quintessence en tant qu’expression de ce qu’une chose ou un être a de plus authentique & de plus unique, de plus beau & de plus élevé, est, je dois l’avouer, la quête absolue, idéale de ces parenthèses…

J’ai déjà écrit ici quelques textes dédiés au monde du parfum. Je pense notamment à un article intitulé « Un parfum sur mesure » dans lequel j’évoque le sujet à travers la personnalité d’une créatrice de parfum – Delphine Thierry. Dans cette proposition d’une fragrance personnelle, la composition du parfum est abordée comme une plongée en soi, un prolongement de soi, une expression de soi dans ce qu’elle a d’intime & d’inhérent. J’aime le parfum parce qu’il flirte avec la subtilité ; il est pour moi une odeur délicate & légère qui ne dissimule pas, qui ne cache pas, qui ne masque pas mais qui au contraire dévoile & révèle qui l’on est.

Dans un autre registre, j’ai écrit un article dédié à L’Officina Profumo-Farmaceutica di Santa Maria Novella de Florence qui « dépasse » le monde de la parfumerie pour l’inscrire dans l’Histoire & pour appréhender finalement le parfum comme une porte ouverte sur l’espace & le temps. L’art du parfum puise ses origines dans l’Égypte ancienne, il nous fait voyager dans la Grèce antique, il nous renvoie à des temps immémoriaux où le parfum était une émanation de la divinité.

En ce qui me concerne, j’aime m’envelopper dans les fragrances de la famille des hespéridés, dans leur senteur d’agrumes, dans leurs notes de Citron, de Cédrat, de Bergamote, de Néroli ou encore de Petit-Grain. Pourquoi ? C’est un attrait instinctif… mais si je devais analyser cette attirance, je dirais que j’aime ce type de parfum pour leur fraîcheur, leur délicatesse, leur élégance naturelle mais également pour leur pouvoir évocateur de Méditerranée ainsi que pour leur analogie au mythe. Comment ne pas penser en effet au Jardin des Hespérides, aux gardiennes de ce verger merveilleux réservé aux dieux qui abritait l’arbre des Pommes d’Or, symbole de connaissance & d’immortalité. Comme tous les mythes, cet épisode revêt différentes variantes que ce soit vis-à-vis des Hespérides mais également par rapport à ces fruits d’or qui, selon les interprétations, seraient « en réalité » des citrons ou des oranges.

Il y a dans la référence à la mythologie un « quelque chose » qui laisse entrevoir, derrière l’apparente légèreté de cette famille olfactive, une connexion à une forme d’intemporalité…. l’évocation d’une odeur qui échappe au temps qui passe. Cette perception est confortée par le fait que les hespéridés s’avèrent être la plus ancienne des sept familles olfactives ; utilisés dans les premières eaux de Cologne, ils portent en eux une partie de l’histoire du parfum. Le plus souvent employés en notes de têtes, très volatiles, ceux que l’on appelle également « les Citrus » expriment à mon sens un paradoxe fascinant du parfum, à la fois éphémère & « éternel ».

Escale à Portofino de Dior, Acqua Allegoria de Guerlain, Eau d’orange verte d’Hermès, Ô de l’Orangerie de Rochas, voilà les parfums qui m’ont accompagnée. Depuis quelques années, je ne quitte plus L’Acqua di Sicilia de L’Officina profumeria di Santa Maria Novella : « mon parfum signature ». Quelques gouttes déposées au creux de mes poignets, nichées à l’orée de mon cou & chaque matin je suis transportée à Florence. Bien sûr l’odeur de L’Acqua di Sicilia projette l’image d’une chaude journée dans le sud de l’Italie, d’une escapade méditerranéenne mais au niveau de mes souvenirs, ces notes me rappellent Florence un jour de pluie… sans doute la réminiscence de ma dernière escapade florentine… La mémoire olfactive est fascinante en raison du fait qu’elle est extrêmement personnelle, presque intime, liée au monde captivant des émotions.

Écrire pour un parfum… mettre des mots sur une composition olfactive, offrir un texte à la fois technique & sensible, sensitif, poétique, dans lequel chaque étape de la création d’un parfum – du choix des matières premières à celui du flacon – s’inscrit dans un tout cohérent de manière à raconter une histoire collective & personnelle. Si dans cette aventure professionnelle je mets en avant le métier de rédactrice, j’aime davantage la notion de « créatrice de textes ». Comme je l’ai exposé dans l’article « Écriture », je perçois le texte comme une matière que je prends plaisir à travailler, à façonner, les mots comme des outils & le texte final comme le fruit d’une création – je l’espère – porteuse de beauté, révélatrice d’une empreinte personnelle, d’une signature singulière.

À très vite !

Carole

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